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Nomination du Dr Morgentaler: «Il est déjà trop tard, le mal est fait» - Mgr Valéry Vienneau
le 18 juillet 2008
Jacques A. Ouellette/L'Hebdo Chaleur/Bathurst

La nomination du Dr Henry Morgentaler va faire couler beaucoup plus que de l'encre. Pour Mgr Valéry Vienneau, évêque du diocèse de Bathurst, elle a relancé le débat sur l'avortement. À ses yeux, que la gouverneure générale du Canada ait annoncé la nomination du médecin pour recevoir l'Ordre du Canada fait qu'il est déjà trop tard, le mal est fait.

«Ce n'est pas compliqué, il est déjà trop tard, le mal est fait. Les reproches adressés au Dr Morgentaler vont au-delà de pratiquer l'avortement, il est allé jusqu'à en faire la promotion», a admis d'entrée de jeu Mgr. Vienneau.

Pour Mgr Vienneau, le débat sur l'avortement va plus loin que la foi. «Lorsqu'on regarde dans les Droits de l'homme de 1948, au point trois, on dit que tout individu a droit à la vie et la liberté. Quand on regarde l'article sept, on affirme là aussi les mêmes choses. Comment se fait-il que dans notre pays, ce droit ne s'étende pas à tous et à toutes, à l'embryon comme au patient dans le coma, ou aux handicapés profonds», affirme l'homme qui a accepté de servir Dieu en 1977.

À la question à savoir à quel moment commence la vie, Mgr Vienneau répond : «Elle commence à la conception, pour nous de l'église. La vie va jusqu'à la mort naturelle. Je crois qu'au niveau de la science aussi elle commence là. Quand on fait des échographies, ce qui apparaît est un être vivant. Si on laisse cette vie se développer, elle devient ensuite un être humain à en devenir.»

"La femme qui attend son enfant va dire : «C'est mon enfant». Alors que la femme qui se fait avorter va dire que c'est un amas de chair. C'est là qu'on forme le débat", poursuit Mgr Vienneau.

Ce que l'homme de l'Église regrette, c'est de ne pas entendre parler des suites à l'avortement. Il croit même qu'on n'informe pas suffisamment les femmes qui choisissent l'avortement. Ce geste leur est présenté comme la solution idéale. C'est l'instinct maternel qui fait que le sentiment de regret revient incessamment.

«Comment peut-on proposer quelqu'un qui lutte contre la vie, alors qu'on cherche à préserver la vie contre la lutte à la pollution, au changement climatique, on a des lois pour protéger les animaux, mais on ne pourrait pas protéger le sein de la mère ? L'Église est beaucoup attaquée dans sa position de défense pour la vie, mais je crois que l'Église est la dernière instance de défense publique qui défend encore la vie», affiche l'évêque.

Alors qu'on voit la médaille comme un rôle d'unification, la nomination du Dr Morgentaler va à l'encontre de tout cela. Mgr Vienneau a invité Mme Jean à révoquer sa décision pour l'image du pays, mais au fond de lui, il sait que le mal est déjà fait.

«Il y a un vide présentement au niveau de l'avortement et il permet n'importe quoi. Espérons qu'on pourra sortir du bien du mal qui vient d'être fait. Encore une fois, c'est le fœtus qui est le plus menacé», conclut Mgr. Vienneau qui ne croit pas que l'on doive renier les droits à la vie au profit de l'avancement de la femme.

 
Jacques A. Ouellette
Rédacteur en chef
L'Hebdo Chaleur
506.546.0575